IVI. DE FAUELAS
On aflaiblit toujours tout ce qu'on exagère.
Je Cl ois sa df)uleur vive, et la crois passagère.
Toujours dan.- ces momens on verse quelques pleurs,
On croit dans l'avenir ne voir que des malheurs.
IVIais la réflexion , fruit »lc la solitude ;
Et la nécessite , qui devient habitude;
L'entier eioignemeut des o'ojets séducteurs;
Et l'exemple , et le temps, si puissans sur nos cœurs .
Du cloître, qui n'offrait qu'horreur et qu'amertume,
Font un séjour tranquille oi:i l'ame s'accoutume.
Qui n'a joui de rien n'a rien à regretter.
Si connaissant le monde il fallait le quitter,
Peut-être autant que vous je plaindrais Melanie :
Mais dans cette maison elle a passe sa vie.
Son soit est-il jilus tlur que celui de ces sœurs
Qui toujours du couvent nous vantaient les doucenrs ?
Du malheur en ces lieux avons-nous vu l'image?
]Nous parla- t-on jamais de joug et d'esclavage ?
'Jout ce qui devant moi s'est ici présente
Me peignait le bonheur et la stienite.