ACTE II, SCÈ]\E I
Voir l'affreux sacrifice et tout ce qu'il m'enlève! Vous le dirai-je enfin? Je doute qu'il s'achève. On le prépaie en vain ; je ne puis concevoir
Qu'on soit assez barbare et qu'on puisse vfuiloir....
Que dis-je? Il est trop sur que tout est sans remède.
A deux cœurs endurcis il faut donc que tout cède !
Que tant d'amour s'exhale en regrets superflus !...
Mais j'ai pris mon parti ; vous ne me verrez plus.
J'y suis détermine ; je l'ai dit à ma mère.
J'abandonne un pays à mes vœux si contraire.
Le lieu de mon exil est au-delà des mers.
Je vais servir mon roi dans un autre univers.
Je cours m'y renfermer et je renonce au nôtre.
Ce n'est pas qu'en eflet j'augure mieux de l'autre.
Les humains sont partout à l'intérêt livres
Et les cœurs vertneux sont partout dccliiie's.
J'en ai doute long-iemps ^ j'en ai l'expérience.
Mais je fuirai du moins des lieux où tout m'oflense
Et je n'entendrai point les lamentables cris... '
Malheureux! quelle erreur! et qu'est-ce que' je dis?
Ah! je croirai partout voir la pompe funeste,
Entendre prononcer le vœu que je déteste-
Je trouverai partout ce parloir où mes yeux .
( En pleurant. )
Vous vous en souvenez. . . ces lieux , ces mêmes lieux
Pour la première fois l'ont oflerle h ma vue- '
Là, je crus sut son front voir cette ame ingénue - J'entendis ces accens à mon cœur si nouveaux! ' Elle passait ses mains à travers ces barreaux. C'est ici... c'est ici... la rage est dans mon ame. Je sens mon desespoir s'accroître avec ma flamme • L est de ce lieu fatal l'inévitable effet. Pourquoi m'y meniez- vous ?. . . Que vous avais-jc fait?
Mad. DE FACBLAS.
Ciel ! ai-je mérite ce reproche barbare? Pouvez-vous oublier.. . .
MOJfVAL.
j, , Pardonnez ;, je m'égare.
Pardonnez à ce cœur : il vous est bien connu ^
:.îa MÉLANIE.
11 lessoiU \ùs 'joules. Combien i! eîil voulu. . .
]Mad. DE FAtJBLAS.
Je n'ose nio t'ior à votie inipalience.
Écoutez. Nous avons encoi quelque espérance.