ACTE H, SCÈ-NE IV
Et que rhomme, épurant son hommage et son coeur , Par l'amour des vertus s'clève à son auteur.
M. DE FAUBLAS
Vous con.lamnoz les vœux , je le vois , et peut-être Ce langage surprend dans la bouche d'un piètre; Mais l'cglise du moins me dcfead contre vous.
LE CCRÉ.
LVgiise! Je la prends pour arbitre entre nous. 11 est je le confesse , et je dois y souscrire , Des vœux qu'elle autorise, et qu'un pur zèle inspnc; INlais elle veut toujours qu'on soit libre en son choix. Elle veut , quand du cloîue on embrasse les lois, Ouc le ciel, le salut, soient nos motif, augustes; Mais les erreurs du siècle et 1-is projets injustes ! Mais d'une faible enfant se rendre l'oppresseur ; Lui commander des vœux qui lui sont en honxur , Que l'ava. ice attend , et que la Ci auite souille. Offrir bon ame à Dieu pour ravir sa dépoudle! Faire entre deux enfans qu'on a reçus des cienx , De l'amour, de la haine, un partage odieux! Grand Dieu ! que de l'orgueil cet horrible édifice S'écroule et disparai.se aux yeux de ta justice . C'est l'cgliso , monsieur , qui parlerait ainsi : Vous osiez l'attester , et je l'atteste aussi. Crai"u.z de mériter son terrible anallième, Craignez le ciel vengeur , craignez votre cœur même; J e remords vous attend : soyez père et chrétien. Eaitcs votre devoir, j'ai satisfait au mîcn.
M. DE FAUBLAS
Ce discours menaçant est au moins inutile.
Ne me reprochant rien, je dois être tranqudie.
Monsieur , de ce couvent le sage directeur ,
Qui conduit Mélanieetcounaît bien son cœur ,
Approuve h son égard ma fermeté sévère., ^
Il veut que l'on combatte une erreur passagère.
Et non pas que l'on cède aux premiers mouveniens
D'une jeunesse aveugle en tous ses sentimens.
Il a de son état les mœurs et le langage.
Et ne les blâme pas pour avoir l'air d'un sage.
a26 MÉLANIE.
LE CURÉ
Je blâme les excès , je bliime les abus.
Il n'est que trop dV-sprits lâches et corrompns
Qui vivent sans principe el pensent sa'is courage,
Sourds à la veiitc, mais soumis h l'usage ,
Et qui , dans un étal lorsqu'ils sont engage's ,
Au rang de leurs devoirs comptent ses prejuge's.
Je suis loin d'a'lopter ce mérite stérile.
IMa règle est d'être vrai, mon état d'être utile.
Qnant au titre de sage en nos jours prodigue ,
Dénigre par la haine et par l'orgueil brigué ,
Celui qui le mérite honore la nature.
L'ignorance et l'envie en ont fait une injure ;
L'hvpociite, un forfait; l'honnête homme, un devoir.
Je vois que mes discours sont sur vous sans pouvoir ;
Et que du directeur l'avis et le sufli âge ,
Flattant vos passions, ont sur moi l'avantage.
Les formes sont pour vous, je le sais : mais , monsieur,
Vous ne séduirez point le ciel ni votre cœur.
C'est assez, votre fille attend sa destinée :
Vous allez à jamais la rendre inforiunée ;
Vous dédaignez ses pleurs , vous la désespérez.
C'est un crime , monsieur, et vous en répondrez 5
Pesez ces derniers mots.
M. DE FAUBLAS
ces mots sont un outrage , Et...
LE CCrÉ.
Vous vous en direz quelque jour davantage ; Pour vous tirer d'erreur je n'ai rien ménagé : C'est sur notre entretien que vous serez jugé. Adieu , monsieur.