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ACTE II , SCÈNE VI. aay

MONVAL

{A part.) (Haut. ) Ah! barbare!. . . A ce point vous seriez inflexible j Ses larares , sa candeur , n'ont pu vous éinouvoir ! Vous pouvez la réduire au dernier desespoir !

M. DE FAUBLAS

Kb ! pourquoi donc , monsieur , prenez-vous sa défense? Quels litres avuz-vous ?

MONVAL

Tous ceux de l'innocence , Tous ceux de la justice et de l'humanité'.

M. DE FAHBLAS.

Waficctez point ici de générosité,

Je sais quel intérêt vous parle et vous anime.

MONVAL

J'oserai l'avouer , oui , ce n'est pas un crime ,

Oui , je l'aime , monsieur , je le dois , je le veux ;

Je suis sûr de sentir un penchant vertueux :

J'avais su le contraindre , et maigre ma tendresse

J'ai toujours respecte' son état , sa jeunesse j

Je le déclare à vous qui croyez ni'imposer,

Qui croyez à la fois répoudre et m'accuscr ;

Je le dis au moment de perdre ce que j'aime ;

Mais je parle pour elle et non pas pour moi-même.

Je ne suis rien ici qu'un témoin étranger ,

Qu'un homme, et c'est assez , monsieur , pour vous juger j

C'est assez pour vous dire, au nom de la nature.

Que vous abusez trop d'une autorité dure,

Que vous ties armé d'une injuste rigueur.

Et quel droit avez-vous d'ordonner son malheur î

Nul être , quel qu'il soit, n'a ce droit sur un autre j

Ce droit, fût-il fondé, doit-il être le vôtre?

Et contre votre sang devez-vous l'exercer ?

Si c'était votre fils, l'oseriez-vous forcer

A fléchir malgré lui sous le joug monastique?

Il braverait bientôt une puissance inique ,

11 fuirait loin de vous , réclamerait les lois.

JMais ce sexe est sans force, on étoufl'e sa voix.

23o MELANIE.

On Topprime sans crainte... Ah ! rinnocence aimable,

Pour être dcsai niée , en est plus re^pt•c^able j

Les larmes du mallieur sont un objet sacre.

Si ce sexe en nos mains sans secours est livre,

La n.'iluie , dans nous pitparanl sa défense,

Piit soin de lui donner, contre la violence,

Ce qui de tous les coeur» fli cliit la dnrelé ,

Ce qui désarme tout, les pleurs et labeuulc.

Vous seul y rcsiatcz.

M. DE FATJBLAS.

Quoi! jeune icracraire, Vous osez m'iusulter ! vous outragez un père!

MOKTAL.

Un père! vous! .soyez-le, et je tombe à vos pieds. Won, vous ne l'êtes pas.

. JMad. DE FACBLAS.

IMonval , vous oubliez. . .

IM. DK FACBLAS.

Vous Tarrètez trop tard ; il n'est plus temps , madame. Vous avez enhardi son audace et sa flamme; Vous voyez les affronts qu'il me faut supporter.

iMad. DE FACBLAS.

C'en est trop , à vous seul il faut les imputer. Étes-vous étonne d'essuyer des murmures.

De voir tîemir nos cœurs et saig;ner nos blessures:* Defeudez-vous la plainte en nous immolant tous?

M. DE FAGBLAS.

En ai-je assez souflert? Je ne m'en prends qu'à vous , Mélanic. Il est temps d'apaiser ma colère ; Craipnez-en les effets. J'ordonne , je suis père; Je veux qu'on m'obéisse , et sans plus différer.

( A madame de Paublai. ) Si vous n'y consentez, il faut nous se'parer, Madame; je renonce à la mère , .î la fille, Et je romps pour j.imais avec votre famille. J'attendais pins d'égards et de soumission.

( A JiJc-lanie. ) Vous seule aurez causé notre désunion,

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