ACTE II, SCÈNE VI. a3i
Ma 6Ile ; vous aurez allume nos querelles. La malédiction suit les enfans rebelles, Et la mienne h la tin pourrait tomber sur vous. Craignes ce dernier trait de mon juste courroux^ Craignez. . .
MÉLANIE
Qu'enîcnds-je! ô ciel! Ah ! ce comble d'injure De mon cœur révolte fait sortir la nature. Le vôtre dès long-temps avait su la bannir, Et j'apprends de vous seul à ne la plus sentir. Vous en avez de'truit jusqu'à la moindre trace j Un afl'reux desespoir eu mon sein la remplace. Vous osez insulter à mes sens cfîraye's! Vous menacez encor , quand je meurs à vos pieds ! Et qu'ajouteriez vous aux maux que vous me faites? Je puis vous défier , tout cruel que vous êtes. Si je peux vous haïr, qu'al-je à craindre de plus? Mes jours étaient maudits quand je les ai reçus j La malédiction a tonne sur ma tète, A l'instant oii ma mère. . .
Mad. DE FAUBLAS.
O Mélanie , arrête.
N'achève pas. . .
MÉLANIE
Non. , . non. . . je ne me connais plus. Je cède à des transports qui m'étaient inconnus. Vous! oser attester le ciel qui vous condamne ! Qui? vous! de son courroux vous vous croyez l'organe ^ En joignant l'injustice à l'inhumanité!
Ah! vous-même , tremblez que ce cri redoute', Qû'êlève vers les cieux d'une voix désolée Sous les pieds des tyrans l'innocence foulée , Ce cri qu'un Dieu vengeur n'a jamais repousse', Ne sorte de mon amc et ne soit exaucé.
Mad. DE FACDLAS.
Ma fille!..
MÉLAKIE.
Qu'ai-je dit ! je m'emporte.. . ma mère !
a3a MELAIS lE.
Cet assaut douloureux , soutenu contre un père , \'ientd't-puiser ma force... elle succombe... Hclas! Si je pouvais mourir !.. recevez dans vos bras.. .
( Elle s éi>anouiU ) Je me meurs.
Mad. DE F\TJBLAS.
Ciel ! ô Ciel ! Je tremble pour sa vie. Ah ! ma fille ! ab .' Monval !
MOKVAL.
Malheureux!.. Melanic.'...
Elle ne m'entend plus. . . du secours !.. . venez tous}... ( // court pour sonner la cloche du parloir. M. de JFau-^ blas se met au-dewant de lui.)