‹ Théâtre françaisChapitre 171 sur 184 · ACTE II, SCÈ^^E VI · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈ^^E VI

nie peut après tout braver les cruautés. f']llc peut s'aflVancbir...

• Mad. DE FAUELAS.

Cher Monval, écoulez...

MONVAL

Rien ne rue re(ieiu plus : mon sang bout dans mes veines.

Va, tn peux te soustraire h des lois inhumaines,

O chère infortunée ! écoute ton amant.

Ne crois rien que l'amour dans un pareil moment.

Croîs que dans l'univers il n'est point de puissance

Qui jamais contre toi porte la violence

Jusques à t'arracher d'involontaires vœux.

Le courage suffit pour nous sauver tous deux.

Approche sans trembler de l'autel qu'on prépare •

Et loin de prononcer ce serment si barbare

Que Dieu rejetterait , que dément notre amour ,

Atteste l'Eternel présent dans ce séjour ;

Prends-le , dis-je , à témoin contre la tyranniej

Et si j'ai quelque droit sur ton cœur , sur ta vie ,

Ajoute , il en est temps , que des feux mutuels

Nous enchaînent tous deux par des nœuds immortels-

Qu'on impose à ton ame un eflbrt impossible.

Tout ce qui sut aimer , tout ce qui fut sensible ,

Doit en notre faveur s'émouvoir à la fois.

Moi pour te seconder j'élèverai ma voix ,

Je volerai vers toi sans craindre aucun obstacle.

Tes larmes , nos malheurs , et ce touchant spectacle

Nos cris et nos transports, la sainteté du lieu,

Et ce nom si sacré dans le temple d'un Dieu

L'humanité, voilà ce qui doit nous défendre.

Père injuste, voilà ce que j'ose entreprendre.

Croyez que de ces lieux rien ne peut m'arracher.

Je dirai ce qu'en vain vous voudriez cacher.

Ce qui n'a point ému votre cœur implacable.

Je la retracerai cette scène effroyable ,

Votre fille expirante et votre épouse en pleurs,

Votre épouse à vos yeux contraignant ses douleurs,

Que vous faites mourir par de lentes atteintes j

Que vous assassinez en étouffant ses plaintes 5

a34 MtLANlt.

J'attendrirai les cœnrs , je les remplirai tous D'horreur pour un barbare et de pitié' pour aotis.

M. UE FACBLAS.

D'un TÎeillard desarme vous bravez la faiblesse. Mais j'ai du moins un fils; et sa main vengeresse...

MOaVAL.

Qui ? lui ! de vos fureurs le complice odieux! Melcour ! malheur h lui s'il s'offrait à mes yeux!

Mad. DE FACBLAS.

Que dites-Tons , Mon val ! quelle fougue imprudente!...

M. DE FAUBLAS

Ne craignez point, niatlamc, une audace impuissante. On peut la réprimer. Suivez-moi toutes deux.

MON'V AL

£t moi jnsques au bout je vous suis dans ces lieux. Dans mes justes desseins s'il faut fjue je succombe , Sons l'aurel oîi je cours puisse s'ouviir ma tombe. Que ce temple fatal, oîi l'on nous attend tous. S'écroule sur ma léte et m'écrase avec vous.

M. DE FAUBLAS

Il suffit; nous verrons ce que vous pourrez f.iire.

Tant de témérité recevra son salaire.

Allons.

MOSVAL.

O Melanie !... on me l'arrache I... ô cieux. Du moins vengez mes maux; ils seront moins affreux. ( Madame de Faublas rentre avec sa fille dans l intérieur du cnut'ent. Monsieur de Faublas sort d'un wté et Monval de l'autre.)

Vlir DU SEGOXS ACTE.

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