‹ Théâtre françaisChapitre 172 sur 184 · SCENE Ire · texte numérisé non relu

SCENE Ire

MÉLANIE , seule.

Pour la de^ni^re fois il consent à m'entendre.

Que sert cet eniretion? ()ue puis-je encore attendre ?

Il a pris son parti , je dois prendre le mien.

Un 1 ère! Quoi ! son sanf; ! Quoi ! je n'obtiendrai rien !

Ainsi IVin foule aux pieds la faiblesse «.•plore'e!

Ah ! d'indignation mon ame est pénétrée;

Mon auie se soulève : ô Monval ! c'est en toi

Que j'ai cru voir un cœur qui sentît comme moi.

Le miei! t'aj-'pellc en vain... quelle est mon espérance?...

Avec quelle chalenr il a pris ma di-fense !

Quel fen dans ses discours! et que mon cœur saisi

S'applaudissait tout bas d'avoir si bien choisi!

Hélas ! ce transport même à tous deux est contraire.

JNlonval est à jamais l'ennemi de mon père.

On ne pardonne point à qui nous fuit rougir 5

Et d'après ses conseils quand j'oserais agir,

Quel en serait l'eflet ?... Kon , jamais Mtlanie

Au sort de soti amant ne peut se voir unie.

Que dis-je? on veut armer mon frère contre lui •

Mon père re'clamait un vengeur , un appui.

Quelle horreur se répand sur ma famille entière!

Mon ficre est exposé , je désole ma mère.

Je perds ce que j'adore ! il faut se décider.

Mon père me mtprise et croit m'intimider.

Il ne voit rien eu moi qu'une esclave tremblante,

Il verra si j'ai l'anie iitrépide et constante.

Je le vois ; la retraite et la réflexion ,

D'un seniiraent contraint la longue impression.

Donne aux sens recueillis un courage tranquille.

Allons; pour Mélanie il n'est qu'un seul asile.

Il est ti'mps d'y courir : on nous dit qu'autrefois

La vierge de Vesta , que condamnaient les lois.

C.ilmnnt par ^on titpas la publique épouvante. Vers la tombe entraînée y «Icscenrlait vi%'ante. De cotte borriblc mort , qui fait frt'mir les sens, Pen d'iienrcs, après tont, achevaient les tourmeos. IMais alors qn'une fois on a conrbe' sa t^te Sous le voile eflVayant que ponr moi l'on apprête 5 Lorsque l'on a promis d'oublier les vivans, La tombe se referme , et Ton y meurt long-temps. Quel sort! Ft loi , Monval ! hclas! sans Melanie, f Si je connais mon cœur) sonfiriras-tii la vie? Je l'abhorre sans toi : l'on vient; il faut parler. Son aspect maigre moi me fait toujours trembler.

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