SCÈNE VIII
ELISABETH, EDOUARD , suite d'édouard GARDES , dans le fond.
Edouard.
Vous ne le verrez point l'emporter sur son maître. C'est cet amour fatal que vous avez fait naître , Qui , remplissant ce cœur de vous seule occupe , Empoisonne les traits dont le sort m'a frappe.
Elisabeth.
Il faut tout réparer : cet effort est possible. Plus que vous ne pensez, ce moment est terrible. Laissons Ih cet amour fait pour nous aveugler.
34 WARWICK
Un plus panfl in Ici et me force à vous parler : C'est celui (le IVtat. Une reine ennemie De vosiJivisions dijA dop avertiL- Va sur votre ruine élever ses destins:
Elle at.iic les feux alJnmes par vos mains : Sa liaine vous poursuit, sa tierte vous menace ■ Et j"ai vu sur son front Tcsperance et l'audace.' De vingt milk; proscrits les malheureux enfans Sont prêts h la servir dans ses resseniimens. Ils entendirent tous, an jonr de leur naissance , Autour de leur berceau le cri de la vengeance : Vonlez-vons leur donner un chef, un défenseur? Réunir Marguerite à son fier oppresseur ? N'armez point nu guerrier que ce peuple idolâtre. Craignez de rappeler sur ce sanglant théâtre Des .spectacles aflVeux et des scènes d'horreur. Craignez, pour satisfaire un instant de furear , De rouvrir aujourd'hui les blessures re'centes Que déjà vous fermiez de vos mains bienfaisantes. Warwick a trop sans doute écoute son courroux:' IVlais il ne vous hait point , il est encore à vous •" Et dans Teniportement d'une ame fière et tendre Le cri de l'amitié semblait se faire entendre. Je cours auprès de lui ; je lui fnai sentir Qu'il s'est trop oublié , qu'il doit se repentir : Je lui rappellerai qu'Edouard est son maître ; Vous , de vos passions songez au moins à l'être. Songez quels ennemis vous allez déchaîner. Si mes soins sur vous deux ne pouvaient rien gagner Par vous deux de l'état la perte se consomme ; '
Mais j'attends tTun grand roi la grâce d'un grand homme.
( £lle sort. )