SCÈNE Ire
WARWICR, seul, assis auprès d'une table.
Jour affreux! Jour d'opprobre! Après vingt ans de gloire! <3noi ! je suis dans les fers! Ah ! l'anrais-je pu croire , Qu'Edouard, se portant à ce terrible éclat , Exposerait ainsi son trône ut son ëtat? Que dis-jc ' il connaît mieux ce peuple et sa faiblesse. Est-ce ainsi que pour moi son zèle s'inte'resse . Vient-il briser mes fers? M'a-t-il venge tlu roi ? A l'exemple d'Yorck, tout est ingrat pour naoi. Un jour, un jour peut-être, avec plus de puissance.... Malheureux! dans les fers peut-on crier vengeance. Il me semble , J> ce mot , que ces murs odieux M'accablent de ma honte et repoussent mes vœux; Et mes cris , en frappant ces voûtes eflVayantes , Les fatiguent en vain de plaintes impuissantes.
{Il se lève.) Mais quel ressouvenir vient m'ctonner soudain ! Quel changement, ô ciel ! et quels jeux du destin! Pour l'orgueil des humains leçon rare et terrible! C'est dans ces mêmes lieux, dans celte tour horrible,
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()u'à vivre dans les fors par moi seul condamne
Le maUiciireiix Hcnii languit abandonne.
L'oppresseur, ropprimé, n'ont plus qu'un même asile./,
[Il s'assied.) Hclas! dans son malheur il est calme et iranquil le ■ Il e^t loin de penser qu'un revers plein d'horreur Enchaîne près de lui son superbe vainqueur.