‹ Théâtre françaisChapitre 26 sur 184 · ACTE IV, SCÈNE IL iJ · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE IL iJ

Si la vengeance avide, et si chère h mon cœur,

IN "'eût ranimé mes sens flétris par la douleur.

Ah! comble cet espoir qui console mon anie.

Cher ami; remplis-toi de Tardeur qui m'enflamme:

Cours embraser les cœurs de ce peuple incertain j

Va , retrace à leurs yeux l'horreur de mon destin.

Dis que des fers honteux enchaîneut ma vaillance;

Que je n'attends plus rien que de leur assistance ;

Rt s'il faut encor plus pour m'assurer leur foi,

Dis que le fier Warwick a pleuré devant toi.

Eh! comment ces Anglais, pour moi si pleins de zèle ,

Peuvent-ils balancer à venger ma querelle ?

Des droits que j'ai sur eux est-ce là tout l'effet ?

Et Marguerite enfin ....

SOMMER

Elle agit et se tait.

J'attends tout de ses soins : elle amasse en silence Les traits que par ses mains doit lancer la vengeance. Ses secrets partisans , vos amis, et les siens. Échauffent par degrés le cœur des citoyens j Et tous, par elle-même instruits dans l'art des brigues^ Dans ces murs alarmés ont semé leurs intrigues. Ils disent qu'Edouard vient d'ôter aux Anglais Un lepos nécessaire , et l'espoir de la paix ; Qu'il attire sur eux les armes de la France : (Qu'ils vont de tout leur sang payer son imprudence Votre affront les irrite, et je crois qu'en effet...

WARWICK

Ah! qu'ils arment mon bras, et je suis satisfait.

Suivi des plus hardis pénètre cette enceinte :

Si je suis à leur tète , iU marcheront sans crainte.

J'irai vers Edouard , et nous verrons alors

S'il pourra de mon bras soutenir les efforts ;

S'il pourra dans son cours arrêter ma vengeance.

Ah ! je ressens déjà , je goûte par avance

Le plaisir de le voir à mes pieds renversé ,

Et de lui dire : « Incrat, qui m'as trop oflénse',

(( Que j'ai trop bien servi , que j'ai dû mieux connaître ,

(t Toi qui n'étais pas fait pour te nommer mon maître ,

38 WARWICK

c Vnis (lu moins anjourd'hiii si jp menace en vaia , « Et ri'connais Warwick en mourant par sa main. Il Mais je l'arrête trop, et la fiirciir m'entraîne : L'instant où je menace est penln pour ma haine. Je Tea ai dit assez j va, cours, vole.

( Summer sort. )

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