‹ Théâtre françaisChapitre 44 sur 184 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

PHYRRUS, seul.

La pitié' parlo h mon cœur combattu.

Sous quel aflreux destin Philnciète abattu Traîne depuis dix ans sa vie infortunée! Sa misère en ces lieux gémit abandonnée; Tourmenté de sa plaie , a.-siégé de besoins, Il souffre sans remède, il pleure sans témoins. Seul , il conte ses maux h la mer , au rivage, Sans avoir un ami dont la voix le soidage. Ignorant la douceur des soins compalissans, Il n'a point de soutien de ses jours languissans., Pas même ce plaisir si cher aux misérables , De voir, d'entretenir , d'enîcndrc ses semblables. De l'aspect des humains piivé d.ins ses malheurs. L'écho seul des rochers répond à ses douleurs. Quel sort ! et cependant, illustre dans la Grèce, Egal à tous nos chefs, en courage, en noblesse, Pour un autre avcnii il semblait destiné : A celte épreuve, hélas ! les dieux l'ont condamné : ]Vos jours sont leur présent; nos deslins leur ouvrage! Heureux qui de leur main ne reçut en partage Que cet éiot obscur, que du moins leur faveur Éloigna des dangers qui suivcat la gi.;:;dcur! Mais un soldat revient.

6j PHILOCTETE.

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