ACTE II , SCENE II
Qiril triomphe d'une ombre aux enfers descendue !
Oh ! devant que ma force en ces lieux fAt perdue,
S'il m'avait attaque !... même tel que je suis,
Ce n'est que par surprise..: Ah .' Pyrrhus! ah ! mon fils !
Souviens-toi de ton nom , reprends ton caractère j
Sois semblable h toi-même , et semblable à ton père.
Tu gardes le silence , et je te paile en vain.. .
Antre, qui m'as reçu, je reviens dans ton sein j
J'y rentre dépouille , prive de nourriture ,
Et je n'attends de toi rien que la sépulture.
Tu me verras mourir : les hôtes des forêts
TSe ressentiront plus l'atteinte de mes traits.
M.vrelraite contre eux n'a plus rien qui m'assure j
J'en avais fait ma proie , et serai leur pâture j
Et je suis donc tombe dans ce revers affreux ,
Pour avoir cru Pyrrhus sincère et ge'néreux !
Ecoute : jusqu'ici mon courroux , qui balance,
Wa point des immortels implore la vengeance.
Tu peux changer encore et céder à mes vœux;
Tremble d'y re'sister , crains ma voix et les dieux.
PYRRHUS
Je ne crains que mon cœur: Philoctète , la Grèce , Les sermens que j'ai faits , la pitié' qui me presse... Ah! plût au ciel jamais n'avoir quitte' Scyros !
PHILOCTÈTE
Abjure des desseins indignes d'un héros.
Aux yeux de l'univers aurais-tu la bassesse
De tromper le malheur , d'accabler la faiblesse?
Tu n'es pas ne' méchant; quelque autre t'a conduit;
Par de lAches conseils je vois qu'on t'a séduit.
Le crime t'entraînait , que la vertu te guide.
PYRRHUS
Quel parti prendre , ô ciel .'
«« PJÎILOCTETE.