‹ Théâtre françaisChapitre 81 sur 184 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

CORIOLAN, TULLUS, chefs volsques.

OoT , Volsques, le voilà ce Romain si vante', Dont vous avez long-temps redoute le ge'nie ; De ses concitoyens il fuit la tyrannie. Banni de sa patrie, il la retrouve en nous : Vous lui tendez les bras, et le sien est à vous. De tons vos sentimens près de lui l'interprète , J'en e'tais le gaiant , et ma voix lui repète , Au nom de cet état, qa'il rendra triomphant, Qu'Antium aujourd'hui l'adopte pour enfant : Que puisse , Marcius , ta nouvelle patrie , Par ton bras illustrée, et de ton cœur chérie, Reparer tous les maux que t'ont faits les Romains, Et payer les secours qu'elle attend de tes mains!

120 CORIOLAN

CORIOLAN

Guerriers, qu'un tel accueil me ranime et m'enflamme !

En venant parmi vous, je portais dans mon atne

Le poids de mes affronts, l'injure et le malheur j

Il tombe le fardeau qui pesait sur mon cœur.

Ce cœur , plein d'un courroux que votre aspect rallume ,

Tout prêt à l'assouvir, n'en sent plus l'amertume.

Vous vengerez mes maux, vous armerez ces mains,

Et je suis entoure d'ennemis des Romains.

Vous savez si pour eux j'ai prodigue' raa vie,

Et vous n'exigez pas que je m'en justifie.

Marcius, dont les jours sont en votre pouvoir.

Ne s'excusera point d'avoir fait son devoir.

Je servais le pays qui m'a donne' naissance,

Et je vous appartiens par la reconnaissance.

Aujourd'hui de son sein Rome m'a rejeté;

Je ne lui dois plus rien : vous m'avez adopte';

Je vous dois tout : autant j'ai signale de zèle

Quand l'honneur m'ordonnait de combattre pour clic ,

Autant vous me verrez de courage et d'ardeur

Pour payer des bienfaits dont je seii» la grandeur.

Je jure par vos dieux , je jure par ma haine,

D'être à jamais fidèle au nœud qui nous enchaîne;

De combattre avec vous ce peuple impérieux,

Toujours de ses voisins tyran injurieux,

De SCS citoyens même oppresseur aibitraire.

A nos efforts unis qui pourrait le soustraire?

La discorde en son sein , l'ennemi sous ses murs ;

Des généraux sans gloire, et dont les noms obscurs

Du consulat romain souillent la renommée ,

Oisifs , et dans un camp renfermant leur arme'e.

Marchons , braves amis , et nous sommes vainqueurs.

Je ne demande point un rang ni des honneurs :

Combattre est mon seul vœu , me venger est ma gloire j

Et tout soldat est grand dans un jour de victoire.

TULLUS

Quoi ! IMarciiis voudrait. . . .

CORIOLAN

Les armes d'un soldat,

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