ACTE IV, SCÈNE I. lai
Qui du phii beau iiiomplie allait être recueil , J'enlends crier partout : « Suivons tous ce grand Iioniuie ■ ({ Suivons Coriolan : seul il peut prendre Rome! » Et mes propres soldats, et mes concitoyens , De'sertent mes drapeaux pour courir sous les siens î Lui-même, encourageant la de'sobtissance , Enseigne h mon armée à braver ma puissance ; Ecoute, en frémissant, mes ordres absolus. Et ne cède qu'à peine au pouvoir de Tullus : Ai-je pu dévorer un si cruel outrage ?
AUFIDE
Les succès de ce jour ont paru son ouvrage ^ Et lorsqu'il poursuivait, au pied de leurs remparts. Les Romains devant nous fuyant de tontes parts Pardonnez j mais on croit qu'oft'ensé de sa gloire Vous avez refusé d'achever la victoire.
TTILLUS,
De cet opprobre insigne on a pu me charger.'
On connaîtra Tulhis, qu'on ose ainsi juger.
Je recois de mes soins un indigne salaire.
Ce superbe banni , que ma main tiitélaire
A sauvé des dangers qui suivent les proscrits ,
S'élève insolemment sur mes propres débris.
Eh bien ! quoi qu'ait souflcrt ma fierté combattue
Je lui pardonne tout, si Rome est abattue.
Mais de ce fier proscrit qu'ose-t-on espérer ?
Un envoyé de Rome en ce camp vient d'entrer.
A Coriolan seul aujourd'hui l'on s'adresse.
Croit-on pour son pays réveillrr sa tendresse ?
A-l-il eucor pour eux le cœur d'nn citoyen i*. .
Je pourais empêcher un semblable entretien :
Le Volsque soupçonneux peut le craindre sans doute.
Épronvrins Marcius; il le faut : qu'il écoute
Ce député romain : s'il paraît chanceler,
S'il n'est pas tout h nous, c'est l\ lui de trembler.
Pins les Volsques pour lui montrent d'idolâtrie,
Plus il doit, s'il changeait, redouter leur furie.
Ce peuple, extrême en tout, désormais voit en lui
Son iléan le plus grand, ou sou plus grand appui.
124 CORJOLAN.
Un moment à nos yeux peut le rendre coupable.
AUFIDE
Non, n'en attendez rien : son ame est implacable. Us feront près de lui des eflforts superflus. C'est le connaître mal...