I.UC1NDE
Son désespoir? Ma chère, encore une grimace ! Giir lorsqu'il pleure, il doit pleurer devant sa glace; Puis, s'il souffrait un peu, voyez-vous? le grand mal!
ANNETTE
Mais tu le hais donc bien?
LUCINDE
Non! il m'est fort égal.
ANNETTE
Alors, tais-toi.
lucinde, suffoquée.
Comment ?
Oui, tais-toi. Ça m'irrite De voir que l'on s'acharne après lui. Beau mérite, En vérité, de se liguer trente contre un!
LUCINDE
Mais, qu'est-ce qu'il te prend?
Toujours ici quelqu'un Pour dauber sur son compte et le railler. C'est lâche, C'est méchant et c'est bête. A la fin, je me fâche!
LUCINDE
Mais qu'est-ce qu'il te prend?
ANNETTE
C'est un peu fort; c'est vrai, Qu'on le laisse en repos! Dès que quelqu'un paraît : — Vous savez? Je l'ai vu votre Boursoufle. — Comme S'il était mon Boursoufle, d'abord ! Ça m'assomme Qu'on me parle de lui tout le temps. — et pourquoi? Dans sa vie, il eut bien d'autres femmes que moi !
LUCINDE
Oui, mais tu fus la seule à l'aimer, ma petite, Et même, à voir combien le railler te dépite, On pourrait croire...
AN>ETTE
Quoi? C'est stupide. Quoi donc?
Que veux-tu dire? Parle!
LUCINDE
Oh ! ma chère, pardon !
Je ne reviendrai plus jamais sur ce chapitre, Puisqu'on t'émeut encore en parlant de ce pitre.
M'émouvoir! Que veut dire encore ce mot-là?
Je m'émeus à présent ! C'est inouï. Cela
N'a pas le sens commun. M'émouvoir, c'est stupide !
Mais nous l'aimons encor?
ANNETTE
L'aimer? moi !
LUCINDE
Nous l'aimons.
C'est limpide.
ANNETTE
Mais c'est faux !