‹ ThéatreChapitre 42 sur 78 · SCÈNE II FERNAND, RAYMONDE · texte numérisé non relu

SCÈNE II FERNAND, RAYMONDE

FERNAND

Quand elle est de mauvaise humeur, elle change de robe. Je l'adore, cette petite.

RAYMONDE

Elle est d'une jeunesse! Quand je pense qu'elle a vingt-cinq ans.

FERNAND

Elle aura dix-sept ans jusqu'à sa mort. Elle croit que la lune sert à éclairer les amoureux et la nuit à cacher leurs erreurs. Ça ne tient pas debout, mais elle a fichtrement raison.

RAYMO.NDE.

Oui, c'est sa manière d'être heureuse.

FERNAND

Tantôt, je vous regardais toutes les deux. A quels paradoxes s'amuse la nature ! Elle a des yeux étonnés dans une figure de petite fille. Et tous rappelez-vous? Nous l'avons vue pleurer de vraies larmes. Elle aime, elle aime tout le temps.

RAYMONDE

C'est un parti pris.

FERNAND

Elle ne le fait pas exprès. Vous, au contraire, vous avez des yeux profonds, des sourires attirants et graves, des lèvres sensuelles. Combien de fois, en parlant de vous, n'ai-je pas entendu les hommes s'écrier : « Ah ! madame Vignon, quelle créature d'amour? »

RAYMONDE

Ils ne me connaissaient pas.

FERNAND

Non. {Un temps.) Non....

RAYMONDE

Qu'est-ce que vous avez?

Rien. Je n'ai rien.

C'est vrai?

FERNAND

RAYMONDE

FERNAND

C'est vrai. Vous cherchez quelque chose?

RAYMONDE

Oui.... Ah! voilà... mon contrat de mariage et mon extrait d'acte de naissance. C'est tout ce qu'on m'a envoyé. 11 ne vous faut pas d'autres pièces?

FERNAND

Non. Je m'occuperai de tout cela en rentrant à Paris.

RAYMONDE

Maintenant, j'ai une prière à vous adresser.

FERNAND

Qu'est-ce que c'est?

RAYMONDE

Voilà. Je ne voudrais pas prendre un hôtel.

FERNAND

Je n'y tiens pas. Nous prendrons un appartement.

RAYMONDE

Non.

FERNAND

Non plus?

RAYMONDE

Écoutez, Fernand. Vous savez combien un déménagement m'épouvante. Je n'ai pas de {grands défauts, mais j'ai une multitude de petites manies. Je liens à mes bibelots, à mes

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