‹ ThéatreChapitre 63 sur 78 · V... voilà · texte numérisé non relu

V... voilà

HARRY

Je suis très content.... Et vous?...

RAYMONDE

Certainement!...

HARRY

On est tous deux très contents. •

{Un petit silence.)

RAYMONDE

Mon pauvre ami, tout de même... pour que vous ayez autant de sang-froid, pour que vous soyez aussi éteint que ça... il faut que... ou vOus... ou moi..., {Elle se regarde dans la glace.) Ça doit être vous, vous savez ?

HARRY

Ça est sûr, ça!... Et M. Fernand, sa santé? Est-ce qu'il profite ?

RAYMONDE

Vous êtes plein d'à-propos. Il profite... je vous remercie.

HARRY

Je m'en réjouis.

RAYMONDE

Tout de même, ce n'est pas à Sorrente que vous m'auriez demandé de ses nouvelles I

Probable, je vous aurais embrassée, mais maintenant, je résiste, savez-vous!

RAYMONDE

Eh bien, si c'était pour me dire ça... ce n'était vraiment pas la peine de vous déranger.

LE FEU DU VOISIN. ^il5

HARRY

Mil ! je suis à Paris pour d'autres raisons....

RAYMONDE

Plus majeures, vous Tavez déjà dit.

HABRT.

Je vais les énumérer.

RAYMONDE

Ah! non, ça m'est bien égal, vos raisons. Ah! oui, ça m'est égal. Et je trouve, je trouve même que votre attitude....

HARRY

Comment ?

RAYM0:^DE.

Oui, quand on a osé faire ce que vous avez fait, quand on a essayé de prendre une femme de force, quand on a été aussi impétueux, aussi tendre, aussi inconvenant, eh bien, on ne vient pas la revoir pour lui dire : « Maintenant je résiste, savez-vous ! » On ne fait pas de la résistance à domicile comme on fait du sandow. Ou alors, c'est si simple, on ne vient pas. Ou si on vient, on ne se conduit pas comme ça... on tâche au moins de se conduire en gentlemasi.

Et moi qui suis venu exprès. Oh ! j'ai la cerise, n'est-ce pas?

RAYMONDE

Oui. Moi aussi, d'ailleurs. Car savez-vous ce qu'aurait fait un gentleman? Un \Tai? Il serait venu me voir... deux mois plutôt. 11 se serait précipité à mes pieds. 11 m'aurait dit :* « Je vous aime... je suis inconsolable... je n'ai jamais pu oublier ce baiser.... « Il aurait été éloquent, sincère, ardent, il aurait su mentir. Moi, alors, je l'aurais repoussé... je lui aurais dit : « Je résiste, monsieur... c'est moi qui résiste, vous entendez, c'est moi. » Alors, j'aurais sonné, je l'aurais mis à la porte, je l'aurais traité de tous les noms, je l'aurais peut-être appelé goujat et ainsi j'aurais pu garder de lui un délicieux souvenir.

(r>i temps. Elle se lève.)

HARRY

Eh bien! il est encore temps.

RAYMONDE

Oh ! je vous en prie!

HARRY

Si, si.... Il y a un proverbe chez nous, un proverbe très rriginal, qui dit : v II n'est jamais trop tard pour faire avec. .>

R.\YMONDE.

C'est anglais, ça ?

HARRY

No. C'est belge. Et alors, comme nous disons dans le pays: parlons peu, mais causons bien... car je dois d'abord me conduire en gentleman: d'ailleurs, ça ne me sera pas difficile.... / love you... thafs the tratli. I love you.

Eh bien, vous y aurez mis le temps, ça me fait plaisir, mais sortez.

HARRY

Vous comprenez pas, vous comprenez pas!... Je vous aime.... Je vous aime.... / never forgot you. I was dreaming about you.

RAYMONDE

C'est bien, mais je vous prie de sortir.

HARRY

Voit are the oniy person who gave me such an émotion... vous comprenez?

RAYMONDE

Pas un mot.

HARRY

J'ai une bouche pour vous.

RAYMONDE

Assez... plus d'anglais, sortez ou je sonne....

HARRY, long baiser.

1 love you î

' RAYMONDE

Je ne veux pas, vous entendez, je résiste, c'est moi qui résiste. Comme c'est moi ! Gomme c'est bien moi ! (Apercevant Fernand dans l'escalier.) Prenez garde I

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