ACTE III, SCÈNE VII. 20 î
Haut, et voulant s'agenouiller.
Ah ! Sire, à vos genoux, je veux, du fond de l'âme. Vous exprimer...
LE ROI, l'arrêtant.
Ma place est aux vôtres. Madame, Puisque de consentir vous me faites l'honneur!
Oh I prenez garde... On peut mourir d'un tel bonheur.
LE ROI
Il faudra le cacher, pourtant, avec prudence. Hélas I — Si j'ai voulu qu'en cette confidence Mon ministre, Monsieur de Louvois, fût admis. C'est qu'il doit désormais être de vos amis. — Recevez, maintenant, l'anneau des épousailles.
MADAME DE M A I N T E N O N , ivre d'orgueil et de joie, pendant que le Roi lui met un anneau au doigt.
Ah!
LE ROI
Monsieur de Harlay, demain, vient à Versailles, Dans la nuit nous donner le sacrement divin. Nos témoins sont Louvois et Montchevreuil ; enfin Mon pieux confesseur célébrera la messe.
204 MADAME DE MAINTENOK.
Vous avez ma parole, et j'ai votre promesse : Tout est dit. Entre nous rien ne sera changé ; Le monde ignorera notre amour partagé.
Mais, lorsque je me tais, mon regard seul ordonne. Et la Cour comprendra le rang que je vous donne.
Sire, je dirais mal ce que mon cœur ressent. Permettez-donc que j'aille aux pieds du Tout-Puissant, Qui m'a tracé vers vous une invisible voie, Verser mes pleurs d'amour, de tendresse et de joie. M™« de MaittUnon s'inclitie et baise la main du Roi, puis il la reconduit jusqu'au fond et elle sort.