‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 132 sur 142 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

LE ROI, debout devant la Marquise, d'une voix terrible.

Eh bien ?

MADAME DE MAINTEKOK, suppliante.

Sire, êtes-vous un roi clément, un roi chrétien ? Sire, avez-vous dit vrai ? M'aimez- vous un peu, Sire ? Mon Dieu ! je ne sais pas ce qu'ils ont pu vous dire ; Mais je lis dans vos yeux, mon Roi, mon bienfaiteur. Qu'ils vous auront montré ce livre accusateur, Qji'ils vous auront fait voir comme une horrible offense Ce triste souvenir de jeunesse et d'enfance ! Je me justifierai sur-le-champ... Mais d'abord, Grâce ! Ne laissez pas partir l'arrêt de mort. Si Samuel mourait, je vous le certifie, Sire, vous mettriez un crime dans ma vie Que cet affreux moment abrège de moitié ! Grâce pour Samuel, Sire ! grâce et pitié !

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LE ROI

Assez ! Je vais d'un mot vous forcer à vous taire : Car, c'est par trop d'audace à l'amante adultère D'Antoine de Méran, qui m'implore aujourd'hui, De prétendre sauver le fils qu'elle eut de lui !

Q.ui? Samuel?

LE ROI

Osez soutenir le contraire.

MADAME DE MAIKTENON.

Mais, ils en ont menti I Samuel est le frère D'Antoine ! Ils ont menti, devant Dieu qui nous voit !

LE ROI

Fable ! Je ne suis plus la dupe qui vous croit.

Sire, je prouverai...

LE ROI, jetant le psautier aux pieds dt W"» dt MainUnon .

Tenez 1 voilà ce livre.

D'abord, j'ai récusé la preuve qu'il me livre; Mais tout à l'heure, ici, je n'en ai plus douté.

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