ACTE IV, SCÈNE V
En entendant le cri que vous avez jeté ;
Je ne me trompe pas : c'est le cri d'une mère !
Sire, il n'est pas mon fils !
LE ROI
Bah ! Mensonge I Chimère !
Et cet arrêt de mort ! Sire, un sursis du moins. Un sursis ! Car je puis produire des témoins. Chacun sait bien là-bas...
LE ROI, ironiquement.
La ruse est peu vulgaire.
Qu'on fasse appareiller un navire de guerre. N'est-ce pas? pour savoir quel est ce hobereau? — Non, je ne dois pas faire attendre le bourreau.
Eh bien! il est encor connu dans ma famille. Le comte d'Aubusson lui destinait sa fille. Qu'ils soient interrogés ! ils seront les garants Qiie je ne vous ments point.
236 MADAME DE MAINTEXON.
Q.ui cela? Vos parents?
Précieux témoignage ! Avec ces créatures Vous avez combiné ce tissu d'impostures. Puis, s'il n'est pas de vous, ce bâtard protestant, — Prenez garde ! — pourquoi me suppliez-vous tant?
MADAME DE MAINTENON', éptrdument.
Oui ! c'est vrai, je le perds ! Mon Dieu, je deviens folle!
Et, là-bas, l'échafaud se dresse ! Et le temps vole !
Je fais un rêve affreux... Grâce, encore une fois!
Ce sont vos courtisans, c'est l'infâme Louvois,
Qui m'ont précipitée en ce piège de boue !
Mon Dieu ! ce que je dois avouer, je l'avoue.
Antoine de Méran m'aimait, et je l'aimais;
Mais je n'ai pas été sa maitresse, jamais !
Un roman de jeunesse! Ai-je dit le contraire?
Samuel est son frère, entendez-vous ? son frère !
Qu'est-ce qu'ils ont donc tous à fouiller mon passé ?, . .
Ne me regardez pas avec cet air glacé.
Ou je vais à vos pieds mourir de la torture !
Grâce ! je ne suis pas coupable, je le jure
Sur mon âme éternelle et sur le crucifix !
Grâce, encore une fois ! grâce 1 il n'est pas mon fils !