‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 4 sur 142 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

l'abbé, l'embrassa nt.

Bonjour, ma nièce.

VÉRONIQUE, à Jean.

Monsieur Jean, Je me suis surpassée aujourd'hui...

Soulevant le couvercle de la soupière.

Jugez -en.

Voyons cela, mignonne... Oh! la bonne bouffée!...

Jean et l'abbé se mettent à table et commencent à manger. Véronique a son couvert mis et s'assied aussi, mais à chaque instant elle se lève pour servir.

Mais vous êtes vraiment notre petite fée,

Véronique, et depuis que vous êtes ici.

Le deuil de ma maison déjà s'est éclairci,

Tant vous y répandez la vie et la lumière.

VÉRONIQUE

Laissez donc, monsieur Jean ! je joue à la fermière. Comme la pauvre reine a fait à Trianou, Et j'ai lu Florian, voilà tout.

JEAN

Eh bien, non.

Wattcau goûterait peu ma bergerie en prose,

Où les moutons n'ont pas au col un ruban rose; Et, dans cette ruine où je vis en fermier, Florian se plaindrait de l'odeur du fumier. Non, non, vous n'avez pas la tête si légère ; Vous êtes une bonne et fine ménagère ; Et le pauvre garçon, qui sait ce qu'il vous doit, Bénit Dieu qui vous a conduite sous son toit!

VÉRONIQUE, à pari.

Quand il me parle ainsi, comme mon cœur palpite I

l'abbé, d Jean,

Et moi, j'aurai du moins amené la petite;

Elle paîra pour deux votre hospitalité;

Car je sens durement mon inutilité,

Chers amis, et j'en souffre en mes nuits d'insomnie...

Bon à rien!... Je ne suis qu'un homme de génie!

Mon pauvre abbé !

l'abbé.

Pourtant mes dix-neuf manuscrits Sont là, qui, quelque jour, étonneront Paris;

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