‹ Théâtre (volume 3)Chapitre 38 sur 159 · ACTE II, SCENE IV · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE IV

lit Dieu, j'en suis bien sûre, absoudra mon silence

Après l'avoir pesé dans sa juste balance,

Et vingt ans de torture et de remords cache

Pèseront à ses yeux plus lourd que mon péché.

J'ai menti... Mais c'était ton bonheur, ce mensonge;

C'était aussi le sien, à ce vieillard, j'y songe.

Et quand je le voj'ais comme un fils te chérir,

Je disais : « Tout est bien, je suis seule à souffrir. »

Cet odieux secret, il fliisait mon martyre.

Mais, pour toi, mon enfant, plutôt que de le dire.

Sous le fer des bourreaux, sur les brasiers ardents,

Je me serais coupé la langue avec les dents.

Pouvais-je donc prévoir cette chose effroyable

Que cet homme ait vécu vingt ans? est-ce croyable?

Lui, dont tout un pays rêve regorgement !

Hélas! il n'a vécu que pour mon châtiment...

Tu tournes ton regard vers le mien, tu tressailles!

Prends-moi donc en pitié, cher fils de mes entrailles,

Car je t'épargne un crime effrayant... A quel prix!

J'ai changé ton amour filial en mépris,

Je te voue au malheur... Eh bien! je m'y décide.

Mais tu ne seras pas, du moins, un parricide !

Ah ! nousmourronsbientôt... Ce monde est trop cruel !

Mais nous pourrons du moins nous retrouver au ciel...

Ah! je me sens mourir... Je suis anéantie...

Mon fils! Mon pauvre enfant!...

E!U tombe à genoux cl défaille en haisant la main de Saero. SEVERO.

J'ai juré sur l'hostie!

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