‹ Théâtre (volume 3)Chapitre 45 sur 159 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

-lîVERO, RENZO RICCARDI, ERCOLE BALBO, LIPPO MALATESTA.

RENZO, à Severo.

Qja'a-t-il pu te murmurer tout bas?

SEVERO

Do grâce, mes amis, ne m'interrogez pasl... Mais ce qu'à mon oreille a soufflé son haleine Augmente, sachez-le, ma colère et ma haine 1

LIPPO

Et ces dix innocents qu'on entraîne en prison Et qu'on tuera demain!... N'avais-je pas raison Quand je vous conseillais l'action, tout à l'heure? Oui, c'est ce soir qu'il faut que ce Barnabo meure. Severo, j'en suis sûr, m'approuve en ce moment... N'est-ce pas ?

SEVERO

Je n'ai point oublié mon serment.

ERCOLE

Oui, pour ces malheureux c'est la dernière chance... Avançons, s'il se peut, l'heure de la vengeance. Avant que Barnabo rentre dans son palais.

Jetons-nous^ parmi ses soldats, écartons-les, Assaillons-le tous quatre ainsi qu'une tempête... Il n'a point son haubert... nous frappons à la tête...

Et nous sommes tués pour rien... Non!... Le maudit Mourra; mais agissons comme nous l'avons dit... Severo, le premier; et puis, l'un après l'autre.

SEVERO, à part.

Mon Dieu !

RENZO

Je forme un plan, plus sage que le votre, Pour tuer l'homme, ainsi que nous l'avons juré... Et, si je réussis... Oh! je réussirai!... Bien avant que minuit au Campanile sonne, Barnabo sera mort.

SEVERO, à pari.

Si tôt!... Oh! je frissonne...

Si tôt ! Contenons-nous... je dois avoir pâli!

RENZO

Soyons tous, dans une heure, au palais Torclli, Et si ce que j'espère alors se réalise,

A Severo.

O toi, l'amour, l'espoir et la fierté de Pisc, Toi qui nous as soufflé ta force de héros. Tu nous auras vengés de ces Guelfes bourreaux, Et, du sang sur les mains, mais 1 ame pure et fiérc,

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