‹ Théâtre (volume 3)Chapitre 71 sur 159 · ACTE I, SCENE 1 II · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE 1 II

Le cœur de lord Fingall est reste jacobite. Et l'amour des Stuarts fidèlement l'habite. Si notre chef, chargé d'honneur et de vertu, T'ordonne de marcher, désobéiras-tu ?

En lui résistant, moi, je me croirais un traître !

LE VIEIL Éxocn.

Le lord est notre chef; il n'est pas notre maître. De sa place d'honneur, dans le festin commun, Le lord demandera son avis à chacun Et, comme il a gardé le respect des usages, Il suivra le conseil des anciens et des sages. Je compte bien alors ne pas parler en vain. La cloche sonne. De nouveaux uioutagnards entrent.

ROBIX.

Voici le premier coup de l'office divin. Tous les Fingalls seront ici dans un quart d'heure.

D U N G A N, à lui-niêine.

Noble race, la plus célèbre et la meilleure De rtcosse ! O Fingalls, ô vaillants bonnets bleus, Qjii descendez, dit-on, des vieux Rois fabuleux, Vous qui dans le passé tenez si large place, Vous, fameux dès les temps de Bruce et de Wallacc Pour votre audace et pour votre orgueil de démons, Fiers chasseurs, qui passiez de longs jours sur les monts Vous nourrissant, auprès de l'aigle et de la foudre, D'un morceau de daim cru, salé d'un peu de poudre ; Bouviers, qui terrassiez, forts comme des héros. En les prenant par les deux cornes, vos taureaux; ^Llrins vieillis eu mer, qu'on voyait dans la brume,

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Mêlant vos cheveux blancs aux blancheurs de l'écume ;

Aïeux dont les hauts faits nous semblent des défis,

Les Fingalls d'à présent ne sont-ils pas vos fils?

Nos mères, je le sais, quand on sortait du temple.

Nous montraient vos tombeaux, nous vantaient votre exemple

Et, sentant votre esprit dans nos corps palpiter,

Nous jurions de vous suivre et de vous imiter.

Mais si nous n'avons plus votre fierté sauvage,

Si nous sommes réduits vraiment en esclavage.

Si notre libre nuque au joug a consenti,

O Fingalls! c'est qu'alors nos mères ont menti.

Et c'est qu'apparemment nos conquérants infâmes

Ont séduit ou forcé vos filles et vos femmes!

Oui, si l'on n'aime plus l'Ecosse et les Stuarts,

Si l'on ne se bat point, nous sommes des bâtards!

Et moi, te repoussant, honte qui sur nous tombes,

Je maudis les aïeux et crache sur leurs tombes!

Un vieillard, aveugle et \<Hu de haillons, la main appuyée sur

l'épaule d'une toute jeune fille, apparaît en haut du sentier

qui deseend près de l'église, Duncan l'aperçoit.

L'aveugle!... Ah! celui-ci,dumoins,va,mieuxquemoi, Leur parler chaudement de l'Ecosse et du Roi.

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