‹ Théâtre (volume 4)Chapitre 106 sur 214 · ACTE I, SCENE I · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE I

Et j'étais attendri par la gente manière

Dont vous saviez ouvrir votre main aumônière;

Et je rêvais déjà, sans rien dire, à ce jour

Où je verrais, le cœur tout débordant d'amour,

Du seuil jonché de Heurs de ma tour pavoisée,

Sur son destrier blanc venir mon épousée,

Pendant qu'au ciel joyeux les cloches du beffroi

Enverraient leur salut ainsi que pour le roi!

— Oh ! comme l'espoir ment et que l'heure en est brève !

La clameur de la guerre interrompit mon rêve.

Je combattis, je fus prisonnier des Anglais,

Je restai dix-huit mois otage dans Calais,

Je revins... Vous étiez la femme de ce traître !

Oh ! je le tuerai !

CLOTILDE

Non, car Dieu seul est le maître De rompre un joug si lourd et si honteux pour moi. Fidèle à mon serment qui fut de bon aloi, Je suis prête à subir jusqu'au bout mon épreuve. .1 ainais son meurtrier n'épousera sa veuve !

OLIVIER

Clotilde!...

CLOTILDE, l'arrêtant.

Plus un mot ! . . . Votre frère !

Alain entre, tenant une viole à archet.

Page 1