ACTE II, SCENE III
Le droit de faire entendre un avis à mon maître, En toute humilité... Vous êtes très prudent, Très avisé, très sage et très bon ; cependant, Monseigneur, puisqu'avec si grande prud'homie Vous nous avez prêché l'ordre et l'économie Pour ce qui se rapporte aux choses des combats, Je vous demanderai — ne vous offensez pas — Si ce ne serait point plus juste et méritoire De rogner sur les gens de plume. et d'écritoire?
LE ROI, avec sévérité et se levant.
Tu viens de me parler d'une étrange façon, Connétable ! A son roi donner une leçon ! . . . A tout autre il pourrait en cuire, vieux de Fienne! Mais je t'excuse, toi. Pourtant, qu'il te souvienne
— Car j'y tiendrai la main tant que je régnerai — Que le clerc a son prix et doit être honoré Comme un noble portant le tortil ou le heaume; Que tant que sapience aura, dans le royaume,
Sa place au premier rang, ce pays grandira, Et que, s'il l'en déboute un jour, il déchoira.
— J'ai besoin d'être seul, messieurs. Que Dieu vous gaule !
Les seigneurs sortent, après avoir salué le Roi. LE CONNÉTABLE DE FIENNE S, à part, sortant le dernier.
Brave roi Jean ! voilà ce qu'est ton iils... regarde!