‹ Théâtre (volume 4)Chapitre 167 sur 214 · ACTE III, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE IV

LE CAPITAINE

Comment! tu plains ta destinée Et je t'aime, méchante!

Us s'éloignent.

DU G L'ESC LIN, bas, à Alain.

Ils deviennent grivois.

Le vin d'Anjou produit son effet, je le vois. S'ils pouvaient se soûler!...

LES SOLDATS, buvant.

A Chandos!

LE CAPITAINE

Eh! mes drôles, Qui veut vingt coups de nerf de bœuf sur les épaules, N'a qu'à boire un peu plus qu'il ne peut en porter.

PATRICK, à part.

Le capitaine est dur.

DU GUESCLIN. bas.

Il n'y faut plus compter. Soit! Autre chose, alors!

Il se lève et s'adresse au capitaine.

Illustre homme de guerre, Vous excuserez bien un soin aussi vulgaire, Mais où coucherons-nous cette nuit?

LE CAPITAINE

Gomme nous, Par terre.

DU GUESCLIN

Ah ! mais le sol est un lit fort peu doux. Je suis pieux : c'était hier vigile et jeûne ; J'ai jeûné, je suis faible, et je ne suis plus jeune!

LE CAPITAINE

Eh bien! tu t'étendras sur la paille, tout près

De ces barils. Mais prends bien garde, ou tu pourrais,

Si par hasard le feu prenait après ta couche,

Mon brave homme, sauter en l'air comme une mouche.

DU GUESCLIN

Ah ! grand saint Barnabe! quel produit de l'enfer Renferment ces petits tonneaux cerclés de fer?

LE CAPITAINE

C'est de la poudre.

DU GUESCLIN

Hein? Qu'est-ce que de la poudre?

C'est comme qui dirait une espèce de foudre, Qu'on lance aux ennemis par ce bâton à feu, Autrement dit, canon ou bombarde!

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