SCENE III
— Ah ! si du moins dans l'ombre affreuse où sont les morts Ton cercueil est déjà hanté par les remords, Mon bien-aimé, sois sur que ce n'est pas ma faute, Que je t'ai pardonné, que j'ai l'âme trop haute Pour la haine, et qu'à peine en voulais-je nourrir Contre celle de qui l'amour t'a fait mourir !
On entend du bruit à droite.
Mais qu'entends-je? on dirait un pas. Ce pas s'arrête. Un bruit de clef?... c'est donc une porte secrète ! Une étrange terreur fait trembler mes genoux. Ici, seule, à cette heure!
On voit s'ouvrir lentement une petite porte sous la tenture ;'i droite.
On entre. Cachons-nous.
Berthe se réfugie avec effroi derrière un paravent déployé : elle reste visible pour le public. Renée, voilée et très émue, entre par la petite porte et s'arrête en s'appuyaut, comme accablée, sur le dossier d'un fauteuil.