‹ Théâtre (volume 4)Chapitre 3 sur 214 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

Montrant la ville au loin.

Et dire que voici Florence et que la nuit est si pure, et qu'ainsi Que moi, sous quelque toit de la ville, peut-être, Le regard dans. le ciel, le coude à sa fenêtre, Soupire et rêve un pauvre et timide écolier Oui m'a vue une fois et n'a pu m'oublier, Et me garde un amour dont je ne suis plus digne Oh! qu'il n'espère pas que mon cœur se résigne A le laisser partir, celui-là, si jamais Il vient dans mon chemin fatal. Je lui promets Que je ne serai plus la seule malheureuse Et que je n'entends pas faire la généreuse !

Z AN'ETTO, chantant dans le Lointain.

Mignonne, voici l'avril !

Le soleil revient d'exil ; Tous les nids sont en querelles.

L'air est pur, le ciel léger, Et partout on voit neiger Des plumes de tourterelles.

SILVIA

Tout, jusqu'à cette voix si fraîche dans la nuit,

M'irrite. La gaité des autres me poursuit.

Je suis triste et maudis le printemps; il le chante.

ZANETTO, dont la voix se rapproche.

Prends, pour que nous nous trouvions, Le chemin des papillons Et des frêles demoiselles.

Viens, car tu sais qu'on t'attend Sous le bois, près de l'étang Où vont boire les gazelles.

SI L VI A

La mélodie est douce et la voix est touchante; Mais je ne comprends plus tous ces riens amoureux,. Rentrons. Il faut laisser la place aux gens heureux.

Elle remonte lentement sur la terrasse, en regardant, distraite, du côté d'où venait la voix. Zanetto, sa guitare sur lVpaule et portant sous le bras son manteau qui traîne dans l'herbe, entre gaiment, sans voir Silvia.

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