‹ Théâtre (volume 4)Chapitre 44 sur 214 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

Mais tu te relevais toujours, couvert d'écume, Superbe, et vomissant l'eau par les écubiers. Donc, s'il faut qu'à la fin, Français, vous succombiez Dans un combat suprême, écrasés par le nombre, Si Paris doit périr, si c'est bien l'heure sombre D'amener pavillon ou de couler à pic, Souviens-toi de Jean-Bart et de Du Gouëdic, Navire, souviens-toi de Villaret-Joyeuse ! Lorsqu'après la bataille atroce et furieuse, Rouge de sang, n'ayant plus de mâts, plus d'agrès, Tu verras ces maudits face à face, tout près, Et te jetant déjà les chaînes de l'esclave, Meurs en volcan pour les engloutir sous ta lave ! Et que le monde entier convienne avec effroi Que le sort du Vengeur est seul digne de toi!

HENRI

0 mère, il a raison ! C'est un conseil funeste Que te donnait tout bas ton désespoir.

A Daniel.

Je reste.

MARTHE, à Daniel.

Hélas ! qu'avez-vous fait?

DANIEL

Le devoir est ici.

MARTHE, à Henri.

Tu l'exiges de moi, cruel enfant?

HENRI, se jetant ;\ son cou.

Merci !

MARTHE

Soit, je cède, et je mets au ciel mon espérance. Dieu, protège mon fils !

DANIEL

Dieu, protège la France !

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