‹ Théâtre (volume 4)Chapitre 5 sur 214 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

Lui prenant doucement la main.

Allons! réveillez-vous. L'air du soir est mauvais.

ZANETTO, s'é veillant et regardant Sil\i;i avec une admiration étonnée.

Une fée ! — Ah ! c'était de vous que je rêvais ; Car mon sommeil était plein de visions blanches-

SI L VIA

Bah ! c'était un rayon d'étoile entre les branches.

ZANETTO

Non ! et c'est bien en vous mon rêve que je vois,. Car il me semble aussi connaître votre voix. Quand on dort, on ne peut savoir, mais on devine; Et j'entendais un bruit de musique divine.

SILVIA

Ce que vous avez pris sans doute pour des mots Mélodieux, c'était, dans les sombres rameaux, Le murmure que fait en s'envolant la brise.

ZANETTO

Mais qui donc êtes-vous alors?

SILVIA

Une surprise-

Qui vient vous proposer repas et gîte enfin, Si vous avez sommeil et si vous avez faim.

ZAN'ETTO, la regardant toujours.

Merci. J'ai soupe tard et je n'ai plus envie De dormir.

SI L VI A, à part.

Sois clémente, ô cruelle Silvie !

Aujourd'hui souviens-toi que tout te le défend, Que ton amour fait mal et que c'est un enfant.

Haut.

Et n'ai-je pas le droit de chercher à connaître Celui qui prétondait dormir sous ma fenêtre?

ZANETTO

Si fait. Je ne veux pas garder l'incognito.

Je suis musicien et j'ai nom Zanetto.

Depuis l'enfance, étant d'un naturel nomade,

Je voyage. Ma vie est une promenade.

Je crois n'avoir jamais dormi trois jours entiers

Sous un toit; et je vis de vingt petits métiers

Dont on n'a pas besoin. Mais, pour être sincère,

L'inutile, ici-bas, c'est le plus nécessaire.

Je sais faire glisser un bateau sur le lac,

Et, pour pincer la courbe exquise d'un hamac,

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