‹ Théâtre (volume 4)Chapitre 58 sur 214 · ACTE I, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE V

Bon comme le ciel bleu, beau comme la jeunesse, Léger comme un oiseau dans le soleil levant, Et frais comme un baiser sur le cou d'un enfant! Quand vous allez rêver, seule, dans la campagne, C'est l'amour qui vous suit et qui vous accompagne Et vous fait revenir ainsi pleine d'émoi; C'est lui qui, se mettant entre mon livre et moi, Ce soir, m'a fait errer, triste, sous les étoiles; C'est lui qui, du feuillage épaississant les voiles, Guide mystérieux, nous a pris par la main; Lui qui nous a conduits dans le même chemin; Lui qui me fait si tendre et qui vous fait si belle; C'est lui qui nous unit; c'est lui qui nous appelle !

Le jour baisse.

LOUISE

Pourquoi me tenez-vous ce langage? Ai-je eu tort De vous croire et d'avoir confiance d'abord? Ne serrez pas mes mains. Je suis toute troublée. Que ne me suis-je donc tout de suite en allée, Lorsque vous m'abordiez avec cet air peureux!

Oh ! ne me quittez pas. Je suis bien malheureux. Pauvre enfant, laissez-moi votre main; elle tremble! Vous ai-je dit, depuis que nous sommes ensemble,

Voyons, un mot, un seul, qui pût vous offenser?

LOUISE

Non, pas un mot, c'est vrai. Mais il faut me laisser. Il doit être bien tard, cette allée est déserte, Et je demeure loin...

JULIEN

Ah! je ne veux pas, certe, Que vous rentriez seule en ce quartier perdu. Je vous reconduirai chez vous; c'est entendu.

LOUISE

Pourtant...

JULIEN

Mais, maintenant, vous êtes encor lasse... Tout à l'heure. Voyons ! reprenez votre place; Ayez des sentiments pour moi plus confiants.

LOUISE

Oh! vous, monsieur, avec ces grands yeux suppliants. Vous me ferez commettre une grande folie.

JULIEN

Non, pas ce front boudeur ! Vous êtes moins jolie.

LOUISE

"C'est ainsi.

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