SCÈNE III
KARL, seul.
Je ne pouvais pourtant pas lui dire que j'allais me tuer. (Après un silence.) Voyons, toutes mes mesures sont bien prises... Là-bas, ma disparition est expliquée par cette fable de départ... Ici, je ne suis plus sur le territoire de la ville, et quand je me serai brûlé le cœur avec une des armes de ce tir, on jettera le corps du suicidé inconnu dans quelque sépulture décriée et personne ne s'en inquiétera. Pas de tombeau pour qui a vécu sans foyer; pas de prière pour qui est mort sans espérance ! (Prenant une
pièce de monnaie dans son gousset.) Voici Un florin; c'est le
dernier de ce trésor de pauvre que j'ai mis deux ans à épuiser, liardant comme un avare, usant mes haillons, ne mangeant que juste assez pour ne pas mourir de faim et lisant à la fenêtre ouverte, l'hiver, au clair de lune, pour épargner le feu et la lumière. Cet argent va payer ma mort. Sur ma foi! -ce sera le premier que je dépenserai sans regret.