SCÈNE IV
KARL, LE DUC, puis L'ARMURIER.
LE Dl'C, sortant de l'hôtellerie.
Il n'y a pas à dire... la truite était fine etl'affenthaler capiteux... Ma foi ! vivent les déjeuners d'auberge!...
K AI! I-, frappant avec sa pièce d'argent sur la planche où sont posées les armes devant le tir.
Holà ! l'armurier!... l'homme!... Il n'y a donc personne ici?
LE D U C, apercevant Karl.
Voilà un amateur bien pressé. Tiens, tiens, c'est mon promeneur sentimental de tout à l'heure. S'exercer au pistolet après un rendez-vous galant, c'est assez bizarre... Voyons comment il s'en acquitte.
Il s'arrête sous les arbres et observe. KARL.
Pourvu que je n'aille pas me manquer ! Rappelons-nous ce que me disait cet étudiant, l'autre
24 L'HOMME ET LA FORTl'NE.
jour, à l'amphithéâtre. On s'assure bien de la place du cœur, ici, entre ces deux côtes, (il se tâte la poitrine.) L'étudiant avait raison... le cœur bat toujours dans ce moment-là...
LE DUC
Ce garçon est singulièrement agité !
L'ARMURIER, entrant.
Vous avez appelé, monsieur?
KARL
Oui,je veux faire quelques balles. . . Gela coûte?. . .
L'ARMURIER
Un florin pour les douze coups et le carton.
KARL, lui offrant son florin.
Voilà justement ce qu'il vous faut.
L'ARMURIER
Monsieur... tout à l'heure...
KARL
Non, prenez.
L'AR MURIER, après avoir pris l'argent, offre un pistolet à Karl.
Quand il vous plaira, monsieur.