‹ Théâtre (volume 5)Chapitre 166 sur 251 · SCÈNE IV LORD FINGALL, LADY DORA · texte numérisé non relu

SCÈNE IV LORD FINGALL, LADY DORA

DORA, avec gaieté.

Ali ! cette fois, le sort en est jeté, Richard, et le devoir est strictement dicté... Plus d'hésitalions ni de vaine tristesse ! Il faut bien vite armer vos hommes. Son Altesse Vous écrit de sa main — en quels termes flatteurs !

THKATHE. — III. 18

Que, vous tenant pour un de ses bons serviteurs, Elle veut avec vous avoir une entrevue, Dans une heure, et passer vos troupes en revue. Laissez donc cet air sombre et ce sourcil froncé, Milord ! car le gros roi George sera chassé, Et moi, je deviendrai. . . colonelle des gardes ! . . . Bataille ! Je vais donc chiffonner des cocardes, Pour en mettre au bonnet de chaque montagnard. Le prétendant n'est pas un papiste cafard, Gomme ce Jacques deux, qui, pour toute prouesse, Vint et se contenta de bien servir la messe. Le prince n'a souci, je pense, d'Anglicans Ni de Romains. Il a ce charme : vingt-cinq ans î Et, bravement, dans l'air fait siffler son épée. Soyez jaloux, Richard ! mais j'ai l'âme occupée Du prince, et veux pour lui combattre les Anglais, Sur mon poney de chasse, avec des pistolets Et tout un arsenal de guerre à ma ceinture ; Et j'ai la passion de ce roi d'aventure, Qui vient, joyeux, comptant sur sa seule valeur, Conquérir un pays comme on cueille une fleur.

LORD FIHGALL.

G Dora ! J'aime tout en vous, ma chère folle, Et je souris devant votre grâce frivole.

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