‹ Théâtre (volume 5)Chapitre 2 sur 251 · ACTE I, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE I

LA COMTESSE

Vous, mon cher duc?

LE DUC

A quel bon hasard dois-je le plaisir de vous rencontrer dans cette solitude ?

LA COMTESSE

Tout simplement à un joli temps de galop dans cette fraîche brume d'automne. J'étais entrée dans cette hôtellerie pour laisser souffler ma bête et boire une tasse de lait... Mais que devenez-vous donc?... On ne vous aperçoit plus aux thés intimes de la reine douairière.

LE DUC

Vous me connaissez, comtesse. Il y a des jours où l'étiquette de nos cours allemandes m'est insupportable.

LA COMTESSE

Croyez-vous que je m'y ennuie moins que vous et qu'il soit récréatif pour une veuve de trente ans de passer ses soirées à contempler les bonnets montés des chanoinesses, et à faire le reversis de

sa vieille Majesté? Mais, que voulez-vous? C'est toujours une cour, et le seul théâtre où puisse se produire une femme.

LE DUC

Surtout quand elle est belle et ambitieuse, et je suis même étonné que depuis la mort de Zéno... voilà trois ans de cela, ce pauvre cousin... vous vous soyez ainsi résignée à la monotone existence d'une dame d'honneur à tabouret.

LA COMTESSE

C'est vrai, duc, mais laissez faire... Je cherche et j'attends... — Au fait, vous savez la triste nouvelle?

LE DEC

Non.

LA COMTESSE, Rasseyant.

Ce beau Hongrois des bals de l'hiver dernier...

LE DUC

Le prince Sika ?

LA COMTESSE

( )n annonce qu'il est au plus mal.

LE DUC

Tant pis, nous regretterons en lui un jeune fou

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