‹ Théâtre (volume 5)Chapitre 42 sur 251 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

KARL, seul, feuilletant et parcourant des papier.-.

Oui, voilà tout ce que j'avais déjà lu cette nuit. Des dettes ignobles, payées pour le petit Kusko... le descendant de celui qui est mort à Vienne, à côté de Jean Sobieski; le petit-fils d'un héros!... Un Marienlhal, espion politique... Les Marienthal, qui portent le blason des chevaliers teutoniques écartelé dans leurs armoiries... En vérité, je dois

remercier la destinée qui m'a donné pour père un gentilhomme pauvre et inconnu. Car enfin, si je ne fais qu'appliquer en ce moment la justice dans toute sa rigueur, je la prends néanmoins pour complice de ma colère ; et si je découvrais dans •ces immondes papiers de quoi déshonorer mon nom, je devrais le publier comme le reste... Mais à quoi pensé-je? Poursuivons. (Après avoir jeté les yeux sur quelques papiers.) Hein ! qu'ai-je lu? Le comte Zéno... le mari de Mathilde !... Qu'est-ce qu'un tel nom vient faire dans ce bourbier, à présent? (Lisant.) Comment ! ce sont les pièces relatives à cette conspiration avortée?... Oui, presque toute l'aristocratie en faisait partie... Ce fut une vaste et généreuse entreprise... Quoi, le comte en était le chef... •et ici on parle de s'adresser à lui pour en acheter le secret?... Non, j'ai mal lu... c'est impossible!... Mais si! si!... Terre et cieux!... En marge de ce rapport... écrit de Ja main même du feu roi : « Payez les deux millions à Zéno. » Mais alors, la fortune de Mathilde, cet argent qu'on m'accuse de convoiter, c'est le prix de cette délation ! Ah ! voilà qui est horrible!

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