KARL, META
Karl est vêtu comme un étudiant pauvre. Meta a une robe très simple et un chapeau de paille à la main.
META
Quelle bonne idée vousavez eue, monsieur Karl, de me mener aujourd'hui à la campagne!
* KARL
N'est-ce pas, Meta, que les cigognes ont été trop frileuses cette année? Figurez-vous, ce matin, je lisais à ma fenêtre, quand un fil de la Vierge est venu se poser sur mon livre. Cela m'a fait regarder le ciel, qui était bleu comme au printemps, et cela
ii L'HOMME ET LA FORTUNE.
m'a fait aussi songer à vous, ma laborieuse petite voisine, qui filez comme la bonne Viergeet quiètes si assidue à votre rouet. C'est alors que la pensée m'estvenuede vous offrir le bras, en bon camarade, et de vous emmener dans les champs, pour dire adieu à l'automne.
META
Oh! merci de tout mon cœur... La bonne matinée! Grâce à vous, j'aurai poursuivi le dernier papillon etcueillile premier chrysanthème. Comme c'est beau! On dirait que les arbres sont en or. El le ciel, comme il est pur! Il n'y manque que des hirondelles.
KARL
Alors, vous êtes heureuse?
META
Oh ! oui, bien heureuse et bien reconnaissante.
KARL
Non, c'est moi qui suis reconnaissant et fier... Savez-vous la petite joie que j'ai éprouvée, quand nous sommes tous deux sortis du faubourg?
META
Non.