ACTE III, SCÈNE VIII
Meta que mon cœur et ma vie appartiennent désormais.
LA COMTESSE
Alors, demandez-moi donc pourquoi elle n'est pas ici !
KARL, avec effroi.
Meta... En effet... Commentêtes-vous seule clans cette demeure? Ah ! y aurait-il là quelque nouvelle trahison?
LA COMTE SSL.
Non ! Karl, j'hésite seulement à vous causer une grande douleur.
KARL
A moi?
LA COMTESSE
Oui... supposiez-vous donc que, fière comme vous me connaissez, j'aurais franchi cette porte si elle avait pu m'être barrée par une rivale?
KARL
Ah ! Dieu !
LA COMTESSE
Et croyez-vous que je viendrais vous dire que je vous aime encore, si je ne vous savais pas libre?
KARL
Libre!... moi!... Qu'est-ce que cela signifie? Quelle affreuse nouvelle allez-vous m'apprend re?
LA COMTESSE
Que l'on vous trompe, pauvre esprit crédule! que cette enfant, pour laquelle vous renonciez à un splendide avenir, est faible et perfide comme les autres femmes ; que le duc l'aime.
KARL
Ah!
Qu'il lui a offert sa main, son titre, ses millions; qu'elle a tout accepté... elle qui avait l'honneur d'être aimée de vous. . . et que tout à l'heure, le duc vient de vous l'enlever.
Le duc... enlever Meta?... Ah! vous ne la counaissez pas... C'est impossible.
LA COMTESSE
Mais, soyez donc moins aveugle... Rappelezvous donc la présence continuelle du duc dans votre retraite. L'attribuerez-vous à la fidèle amitié, chez cet égoïste féroce?