ACTE III, SCÈNE VIII
KARL
C'est vrai... Mais non, je ne puis me résoudre à croire... Il me faudrait voir, toucher...
LA COMTESSE, lai donnant l'anneau.
Voyez donc !
KAliL.
Son anneau!... son anneau de fiancée!... Ah!
LA COMTESSE, à paît.
Ce que je viens de taire est infâme !
KARL
Son anneau! Je m'explique maintenant pourquoi elle voulait mêle rendre... Ah! cela, c'est la fin!
Non! Karl, il vous reste la consolation des forts : la gloire. Vous reparaîtrez demain à la cour, grandi par l'absence et par le malheur, et je vous reste, moi, qui fus bien coupable, mais que votre amour a purifiée; moi qui, si vous me refusez comme compagne de votre vie, mécontenterai d'être une esclave soumise et dévouée au service de vos nobles ambitions et de vos grandes entreprises !
KARL
Assez, madame, tout cela est inutile... Il vient de se faire un vide dans mon âme que rien ne saurait combler... Vous m'aimez, dites-vous? Ah! sincèrement je vous plains, mais tout est fini pour moi! Le seul bonheur possible était ici; je le vois bien maintenant qu'il est perdu, et qu'il est perdu par ma faute. Car si cruel que soit le coup dont tu me frappes, Meta, la souffrance ne me rend pas injuste. Je sens que je t'ai mal aimée, et que tu n'es pas si criminelle, puisque je ne trouve pas la force de te maudire... Oui, malgré tout, je devine encore du dévouement dans tonparjure... L'homme pour qui tu m'abandonnes ne doit plus être le dur et froid sceptique que j'ai connu, puisqu'il t'a choisie entre toutes et que tu lui donnes ce bonheur que tu. m'as offert et dont je n'ai pas été digne. Sois donc heureuse auprès de celui que tu m'as préféré, Meta! Sois heureuse et sois pardonnée!
LA COMTESSE, à part.
Elle! toujours elle !
KARL
Madame, ôtes-vous autorisée à me donner cet anneau V