ACTE I, SCÈNE IV
Que quiconque m'insulte en face s'en repent, Et que son châtiment suit de près son offense. Bariçel !
ERCOLE, bas à ses amis, mettant la m un à la garde de son épée.
Compagnons, nous prenons sa défense, >» est-ce pas?
PORTIA, à Bamabo, lui touchant le bras.
Laissez donc tranquille cet enfant ; Portia prend sa cause en main, et le défend. Si vous me demandiez pourquoi, je pourrais dire Que c'est mon bon plaisir... Vous n'auriez qu'à sourire, Barnabo. Mais je veux bien vous dire pourquoi : Vous vantez la beauté d'une autre devant moi ! Inconstant! Vous faut-il, pourme rendre jalouse, Comme au pape Alexandre, un sérail à Pérouse? Vous osez lui parler des beaux yeux de sa sœur ! Eh bien, moi, je leur veux laisser un défenseur, A ces beaux yeux! Voilà pourquoi, mon infidèle, Je prétends que la sœur ait son frère auprès d'elle, Ou je ne permets plus, aujourd'hui ni demain, JXi jamais, monseigneur, que vous touchiez ma main.
BARNABO.
Portia, vous raillez?...
PORTIA
Non, tel est mon caprice, Gerte, il ferait beau voir qu'une fois je vous prisse,. Méchant, qui désirez rendre mon cœur jaloux, A soupirer ailleurs, quand je n'aime que vous !
BARNABO, souriant.
Il n'est pas de faveur que je ne vous octroie. Soit.
ERCOLE, à part.
Vivent les bons cœurs et les filles de joie!
BÀRNÀBO, à Sandrino.
Souviens-toi, cependant, impudent ouvrier, Qu'il ne te faudrait pas deux fois m'injuricr.
Aux jeunes gentilshommes.
Et vous, mes beaux galants, vos mains inoccupées Vont vite, je l'ai vu, du côté des épées. Patience ! Aujourd'hui, ce n'est pas tous les jours.. Le lion florentin fait griffes de velours; Pourtant, n'oubliez pas qu'il fronce la narine Et que sa lourde patte est sur votre poitrine... Venez, ma Portia, nous rentrons au palais.
Barnabo prend la main de Portia et sort avec son escorte.