‹ ThéâtreChapitre 21 sur 191 · PROLOGUE D'OUVERTURE · texte numérisé non relu

PROLOGUE D'OUVERTURE

Car nous écarterons toujours de cette scène

Tout spectacle mauvais et toute œuvre malsaine,

Et nous ne montrerons jamais devant vos yeux

Que ce que l'art français a de plus précieux,

Et que ce grand foyer de pensée où s'enflamme

L'idéal de l'esprit ou la vertu de l'âme !

Et de même qu'aux jours des soleils renaissants

Vous cueillez des bouquets de fleurs, parmi les champs

Où mai vient de verser sa jeunesse éternelle,

Et que vous en ornez la maison paternelle,

Ainsi nous voudrions que votre souvenir,

A ce repas du soir qui vous voit revenir,

Rapportât, fleurs de l'âme en glanant amassées,

Des gerbes de beaux vers et de nobles pensées.

Pour notre œuvre, où l'étude est auprès du plaisir,

Dans le trésor de l'art, nous n'avions qu'à choisir;

Et nous t'avons élu le premier, ô Molière,

Dont l'inspiration profonde et familière

Au niveau du génie éleva la raison.

Nous, humbles serviteurs de ta vieille maison

Où, depuis deux cents ans, ô grand Français! ta Musc

Jette des vérités à la foule et l'amuse,

Et sur nos passions, en sublimes essors,

Fait planer le bon sens du peuple dont tu' sors,

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