‹ ThéâtreChapitre 24 sur 191 · PROLOGUE D'OUVERTURE · texte numérisé non relu

PROLOGUE D'OUVERTURE

Notre musique aussi sera rétrospective, Et le vieil opéra-comique d'autrefois Va surgir, précédé d'un trille de hautbois. Place, bouffons du jour! Il faut qu'on se souvienne Des airs de Dalayrac, de Grétry, de Devienne. Nous fêtons le seigneur du village voisin; Les bergères, avec des roses dans le sein, Laisseront les bergers, brûlants d'amour pour elles, S'agenouiller en leur offrant des tourterelles; Sa grande canne en main, le bailli du canton Aux niaises d'alentour va prendre le menton. Nous allons, s'il vous plait, présenter nos hommages A notre tante Aurore en sa robe à ramages, Et laisser défiler, sur des airs de rondos, Beaucoup de Turcs avec des lunes dans le dos.

Et vous serez surpris, messieurs, très étonnées, Mesdames, que cet art, malgré bien des années, Conserve encor sa grâce et son esprit premier; Que la fleur soit toujours fraîche dans son herbier, Et que le papillon séché, mesdemoiselles, Garde la poudre d'or et d'azur de ses ailes.

Pourtant ne croyez pas que nous ayons pensé A nous tenir toujours ainsi dans le passé.

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