‹ ThéâtreChapitre 78 sur 191 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

JEAN

Le trésor?... Eh bien ?...

VÉRONIQUE, lui montrant le coffret ouvert.

Je l'ai trouvé!

JEAN

Ah! grand Dieu!

N'est-ce pas? quel coup de destinée !

Je l'ai découvert là, dans cette cheminée, Je vous dirai plus tard... par du feu que j'ai fait. Mais c'est bien lui... touchez... regardez...

JEAN, saisissant à son tour les parures.

En effet, C'est bien lui!... c'est bien là le trésor de famille! Quoi! c'est à moi ce tas de diamants qui brille... A moi tous ces bijoux ! . . .

II reste immobile et muet, les mains pleines de bijoux, absorbé dans sa contemplation.

VÉRONIQUE

Maintenant vous pouvez Amener votre Irène en ces murs relevés ; Vous pouvez lui donner opulence et noblesse...

S'apercevant que Jean ne l'écoute pas.

l^S LE TRESOR.

Mais il ne m'entend plus... Allons, point de faiblesse ! Je dois partir...

JEAN, se parlant à lui-même et maniant les bijoux.

Ainsi, c'est à moi ce trésor!

Je le vois, je le touche, et n'y puis croire encor... Eh bien! c'est du bonheur : il faut que j'en profite. Mais pourquoi donc mon cœur ne bat-il pas plus vite? Pourquoi donc, en faisant ruisseler dans ma main Ces cailloux précieux, qu'on me paiera demain En bel argent comptant chez le prochain orfèvre, Ne suis-je pas joyeux et n'ai-je pas la fièvre? Je suis riche pourtant... Véronique a raison. Je puis faire à présent rebâtir ma maison, Racheter alentour la foret et la plaine, Et, nouveau châtelain, choisir ma châtelaine. Je suis riche, très riche, et n'ai qu'à faire un pas Vers les parents d'Irène... Ils n'hésiteront pas : On va congédier ce fat, et tout s'arrange... Non! ce n'est plus mon cœur qui parle... C'est étrange ! Dans mon âme, à l'instant encor pleine d'ardeur, Ces diamants ont mis leur subtile froideur. Irène me déplaît, s'il faut que je l'achète Avec ce sac d'écus que le hasard me jette. Je m'offense aujourd'hui de son mépris d'hier,

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