‹ ThéâtreChapitre 8 sur 191 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

Lorsque nous lui montrons un peu de sympathie, Pour ne pas, sur-le-champ, tomber à nos genoux, Protestant qu'il nous aime et qu'il se meurt pour nous. Mais c'est cet éternel mensonge qui nous pèse ! Nous tendons franchement la main; on nous la baise. Fi ! le vilain baiser d'une bouche qui ment.

RAYMOND

Mais si le malheureux aime et souiïïe vraiment, Que voulez-vous qu'il fasse '!

LA COMTESSE

Attendre qu'on devine.

C'est si long !

LA COMTESSE

Pas toujours.

RAYMOND

Ah ! vous êtes divine !

Et je vais consentir à ce que vous voudrez; Mais c'est bien dur.

LA COMTESSE

Ainsi, voilà : vous ne serez Pour moi qu'un compagnon tout franc, un camarade ; On causera, c'est tout. Pas la moindre tirade

Sur le bonheur à deux et l'union des cœurs ! D'ailleurs vous baisserez devant mes yeux moqueurs Les vôtres, si jamais votre âme était tentée. Est-ce conclu, mon cher Raymond?

RAYMOND

Enfant gâtée !

Essayons. Je veux bien. Par où commençons-nous ?

LA COMTESSE

Faisons d'abord un tour d'atelier... voulez-vous?

Oh ! je n'ai presque rien. Cette unique folie :

Un vrai Donatello rapporté d'Italie;

Et puis le bric-à-brac chinois et marocain...

LA COMTESSE, indiquant avec teneur le cabinet entr'ouvert.

Ah ! grand Dieu! là... quelqu'un!

RAYMOND, soulevant la tapisserie.

Ce n'est qu'un mannequir Regardez.

LA COMTESSE

Quelle peur ! — Vous le voyez, j'abuse, Mais vous m'avez permis : j'inspecte et je m'amuse. Et ces petits panneaux bleus, gris, roux, vermillons, Comment appelez-vous tous ces échantillons?

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