JEAN, VÉRONIQUE, L'ABBÉ
L'abbé entre, dans la plus grande agitation, en brandissant une feuille de parchemin.
L'ABBÉ
Mes enfants! mes amis!
Mon oncle !
L'ABBÉ, se jetant au cou de Jean.
Embrassez-moi, Mon pauvre Jean!
JEAN
Oui peut vous causer tant d'émoi?
L'ABBÉ
Une joie ineffable, — une peine infinie! Moi, je m'en vais écrire une œuvre de génie ; Mais vous, si vous trouviez le trésor, cher enfant, Hélas ! vous ne seriez pas plus riche qu'avant.
JEAN
Quoi? le trésor?...
Allez! n'en cherchez plus les traces.
Car dans votre grenier, parmi vos paperasses, Ce rare document, cet acte précieux, Par le plus grand hasard est tombé sous mes yeux. Il vient de me prouver, d'une façon certaine, Que votre illustre aïeul...
Montrant le buste au-dessus de la cheminée.
oui, ce grand capitaine Qui semble nous sourire en sa barbe là-haut...
JEAN
Eh bien?...
L'ABBÉ
C'est le héros tragique qu'il me faut!
JEAN
De grâce!...
Cet ami du meilleur des monarques, Comme on se préparait à la bataille d'Arqués, Sut que nos lansquenets, qui depuis très longtemps N'avaient pas eu leur paie, étaient fort mécontents. Alors — ô trait sublime où sa loyauté brille! —