SCENE IL
TYRENE, AMARILLIS.
TYRENE.
\)YI vous rend si pensiue?
PASTORALE. Sg
AMARILLIS.
Vn autre objet que vous.
TYRENE.
Alcidor, ou Tirsis,
AMARILLIS.
Non, Vil objet plus doux.
TYRENE.
Paris, ou Philidor?
AMARILLIS.
Non.
TYRENE.
Timandrc, ou Gcrondc?
AMARILLIS.
Vous le pourriez trouuer, en nommant tout le monde.
TYRENE.
Que i'apprenne son nom, et mes vœux sont contens.
AMARILLIS.
Adieu, deuinez-le, ic vous donne du temps. Vous pouuez y penser.
6o AMARILLIS,
TYRENE , l'an-estaiit.
Vn mot, belle Bergère, le sçay que vous auez des bontez pour mon frère. Et prens part à Thonneur qu'il a receu de vous.
AMARILLIS.
le l'estime beaucoup, en estcs-vous jalous?
TYRENE.
Vous deuez auotier qu'il est fort agréable.
AMARILLIS.
Il a l'esprit diuin, charmant, incomparable.
TYRENE.
C'est en dire beaucoup.
AMARILLIS.
'V^ous parlez froidement; Il est la venu mesme.
TYRENE.
En vn mot vostre Amant.
AMARILLIS.
Tyrene, parlez mieux. Vous rire, et me déplaire,
PASTORALE. 6t
\'e sont pas les moyens d'auancer vostre affaire.
On arriue autrement à nostre affection
Que par la raillerie et l'indiscrétion.
11 est vray que la mienne est vn but, où Tvrene
Auec tous ses efforts perdra toujours sa peine.
TYRENE.
ïe Tapperçois qui vient; ô Dieu! qu'il est charmant,
AMARILLIS.
Plus que VOUS.
TYRENE.
le le croy.
AMARILLIS.
Mais plus intinimeni.
TVRENE , s'oi allant, dit à Cleonte.
i)i\ attend vostre veuë auec impatience.
CLEONTE.
Toy, tu fais Torgueilleux, et tu fuis ma présence. Tyrcne se cache et les entend.
62 AMARILLIS,