‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 53 sur 98 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

CLEONTE, TYRENE.

CLEONTF,.

AH ! comme tout succède à mon ardant dcsir, Peut-on faire vnc intrigue auec plus de plaisir? Ah! Tyrcne, tu vois vn homme de courage, Qui pour tes intcrcsts dans les duels s'engage, Et peu s'en est fallu que deux Amans jaloux Ne soient venus sur moy des injures aux coups; Tu dcuois te hastcr, tu m'aurois secondée.

TYRENE.

Et la querelle enfin?

CLEONTE.

Nous l'auons accordée.

Admire mon esprit, reconnois mon pouuoir, Ce n'est qu'vn en ces lieux que m'aimer et me voir, le fay mille jaloux, et toutes vos Maîtresses Sont prodigues pour moy de vœux et de caresses. Les esprits les plus froids se sont laissés dompter.

Tyrcne est bien heureux, s'il s'en peut exempter.

TYRENE.

le le cède, Belise, à ton mérite extrême. Et crois que tu sçay mieux mon mestierque moy-mesme. Tu traites mieux l'Amour aucc moins de souci: Mais Amarillis vient, sa sœur la suit aussi.

CLEONTE.

Adieu !

TYRENE.

Quoy? tu les crains; Dieux! que de retenue!

Cette règle d'amour t'est encore inconnue.

le trompe l'vne et l'autre, et toutes deux m'aimant,

le dois à toutes deux parler séparément.

84 AMARILLIS,

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