DE TRISTAN L HERMITE III
Succès plus grand, le nom de Tristan a de nouveau été applaudi à la scène.
Dans les Samedis de l'Odéon, son Promenoir des deux Amants et d'autres poèmes de lui ont été révélés au grand public et aux lettrés, ravis par la délicatesse du sentiment et par la grâce abandonnée de la forme.
Et déjà le directeur du théâtre, M. Paul Ginisty, un érudit curieux et hardi, avait fait plus : il avait voulu monter pour les matinées du jeudi (4 et 1 1 Février 1 897) cette Mariane, que les contemporains avaient placée à côté du Cid.
Rien ne fut épargné pour donner de l'intérêt à cette reprise.
D'après les croquis du décorateur de THôtel de Bourgogne, Laurent Mahelot, qui sont conservés à la Bibliothèque nationale, d'après l'estampe d'Abraham Bosse, qui orne la première édition de La Mariane, d'après le frontispice que Duret a gravé pour l'édition de 1645, on avait restitué la mise en scène de l'époque; et devant ce bizarre décor à cinq compartiments, très applaudi quand les rideaux s'écartèrent, un conférencier' expliqua au public étonné cet étrange système
I. C'est à moi que le directeur de l'Odéon avait bien voulu demander cette conférence. On la trouvera dans mon volume intitulé Devant le Rideau (p. 94-122) à la Société française d'Imprimerie et de Librairie, 5, rue de Cluny.
POSTFACE DES ŒUVRES DRAMATIQUES
de décoration, les nécessités qu'il imposait, et aussi les facilités qu'il donnait aux poètes.
L'interprétation avait été confiée à de jeunes artistes encore tout pleins de zèle et déjà pleins de talent. Voici d'ailleurs quelle fut la distribution :
M. M. Daltour.
Henri Monteux.
CÉALIS.
Paul Franck, montigny.
Taldy.
Breteau.
Leroux.
Georges.
Henri.
M"<^s Valentine Page.
Odette de Fehl.
Chapelas.
Cora Laparcerie.
Hérode.
Narbal.
Phérore.
Soësme.
L'Echanson.
Capitaine des Gardes.
Le Grand Prévôt.
Phaleg.
Sadoc.
Le Gouverneur.
Mariane.
Salomé.
Dina.
Alexandra.
Durant les deux représentations, je notai soigneusement l'effet produit sur le public par cette tragédie absolument inconnue de lui. Les deux jeudis , le premier acte, tout en discours, fut écouté avec une politesse respectueuse, et la charmante scène des deux bellessœurs, au second acte, très bien jouée pourtant par