SCENE
TROISIESME
CIRVS. CHRISANTE. HIDASPE.
CIRVS.
IL en peut bien parler auec beaucoup d'estime, Céte grande louange est vrayment légitime. Nous ne fismes iamais vn plus riche butin S^il faut que son mary suiue nostre destin; Nous y rencontrerions l'vtile et l'honorable ; Et ce seroit pour faire vn progrez admirable. Mais ie ne puis penser qu'estant homme de cœur. Il quitte le vaincu pour suiure le vainqueur : En cette occasion, ce seroit la pensée, D'vne ame fort légère, ou fort intéressée. Quelque raison qu'on ait, on est dans le mespris Lors que l'on abandonne vn party qu'on a pris,
HIDASPE.
Sire, quand le despit s'empare de nostre ame. Nous mettons en oubly la louange et le blasme;
14 PANTHEE,
Et sans aucun égard de honte ou de danger, Tous nos raisonnemens tendent à nous vanger. Abradate offencé par cet indigne Prince, Qui d'vn joug tyrannique oprime sa Prouince, Croit peut-estre auiourd'huy s'en pouuoir séparer Sans courre de hazard de se deshonorer.
CIRVS.
Hidaspe, il se peut faire, et des Dieux bons et sages Nous pouuons espérer de plus grands aduantages. Mais alons voir le camp de Tvn à Tautre bout, Visiter les cartiers, et donner ordre à tout.